Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /Fév /2010 22:32
Cà fait plusieurs moi que je n'ai pas écrit. Il y a eu de grands chamboulements dans ma vie suite à la révélation de mon HPI il y a un an.
Un an que je travaille avec un psy-qui-a-tout-compris et qui sait très bien qu'il ne peut pas m'embobiner ou me tenir des propos incohérents contrairement à d'autres tentatives que j'ai pu faire dans le passé.

Découverte ou plutôt confirmation de mon HPI en janvier 2009. Ensuite, 6 mois de doutes, remises à plat. Que faire avec ça?

Puis un évènement familial qui m'a enfin ouvert les yeux sur tout ce que j'ai pris comme souffrance qui ne m'appartenait pas depuis toute petite dans cette famille sans qu'en face il n'y ait eu de tentative de compréhension ni de respect envers moi. La claque. Après 32 ans à subir, je me suis affirmée et ça a été une claque pour eux cette fois. 32 ans qu'on se sert de mon empathie, de mon écoute, de ma sensibilité, de mon intuition pour me culpabiliser et me faire endurer les souffrances des autres sans prendre en compte la mienne.
Soutien inestimable de mon homme et de mes amis proches pour ne pas douter de ma cohérence face à l'incohérence familiale. Depuis, j'ai pris très largement mes distances et ça va beaucoup mieux. Ca fait mal de se rendre compte a posteriori que ses propres parents sont toxiques pour soi.
1ère grosse étape de l'année.

Puis j'ai repris une formation dans un domaine qui m'intéresse, l'environnement, pour construire une voie professionnelle qui me corresponde.
J'ai repris une année d'étude (j'en avais déjà 6 à mon actif). Je suis en plein dedans. Pas facile tous les jours mais au moins je suis active, je choisis ma vie et je construis. C'est très euphorisant.

Et j'ai arrêté les antidépresseurs.

Je ne suis plus la même personne qu'il y a un an. Je suis moi.
J'ai encore du chemin sur la voie de la résilience mais je ne reviendrais jamais en arrière.

En fait, je suis une chrysalide.


Par odessa - Publié dans : Ma vie - Communauté : Surdoués et hauts potentiels
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Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /Juin /2009 16:15
J'ai lu ce livre de Paolo Giordano le mois dernier et je suis encore habitée.
Je trouve le contenu excellent.
Le décalage de ces 2 êtres hypersensibles par rapport au monde, leur difficulté à trouver une place et à faire converger leurs existences parallèles, la quête d'eux-mêmes, leurs meutrissures profondes, leur solitude, çà ne vous rappelle rien?
L'écriture est belle, juste, pointue, scientifique, extralucide.
Et c'est là, au-delà de l'histoire elle-même en fait, ce qui m'interpelle et m'intéresse le plus : l'écrivain et son écriture.
Comment ce gars de 27 ans, scientifique pointu, a pu pondre une telle histoire? Cà me fascine.
Je suis fascinée par son écriture qui me semble tellement juste et à propos que je suis persuadée qu'il sait profondément de quoi il cause. Je ne crois pas qu'on puisse parler de la vie intérieure de surdoués avec une telle justesse si on n'en est pas un soi-même. Cà fait un peu élitiste comme point de vue, j'espère que personne n'en sera offensé :)
Plus largement, je suis fascinée en général par les écrivains et le mécanisme de l'écriture : comment les idées germent-elles dans leur tête? de quoi leur créativité se nourrit-elle? comment les idées s'imbriquent-elles pour donner une histoire cohérente qui parle au lecteur?
Je sais, il n'y a que moi (+ sûrement qqs autres parmi mes lecteurs atypiques :-) pour se poser ce genre de question alors que 99% des êtres humains s'en fout éperdument.
Tout çà est un grand mystère pour moi. Encore plus quand il s'agit d'un thriller avec moult détails techniques, médico-légaux et logistiques, et le suspense à maintenir.
Dans cette catégorie, j'ai adoré Deuil de miel de Franck Thilliez.
J'aime quand les thrillers sonnent juste dans les détails et celui-là est particulièrement réussi au niveau de la précision entomologique. J'ai aimé (pas au début c'est venu au fur et à mesure) sa façon de jouer avec la frontière entre folie et réalité.
Lire est pour moi un sas de décompression où mon cerveau est en pause car il est focalisé sur l'histoire (à condition que le livre me parle sinon, galère!). C'est la seule activité que j'ai trouvée qui me permet de calmer ma pensée galopante.
Et quand je ne suis pas en train de lire, je peux repenser à l'histoire, analyser l'écriture, anticiper, bref, avoir matière à m'éclater intellectuellement. Donc c'est tout bénef!
Bénis soient tous ces écrivains géniaux qui me donnent cette liberté.




Par odessa - Publié dans : Lecture - Communauté : Persona
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Samedi 6 juin 2009 6 06 /06 /Juin /2009 22:02
Pfffffffui
Période difficile dans ma (re)constructuction personnelle.

J'ai encore expérimenté il y a peu, une situation de décalage flagrant de mon mode de fonctionnement avec mon entourage.

Aïe.

Ce coup-ci, et çà fait d'autant plus mal, c'est avec mes parents et mes frères.

Face à une difficulté récurrente d'ordre financier de mes parents, ma réaction habituelle d'analyse factuelle de la situation et d'anticipation sur le long terme a été très mal reçue et très mal vécue.
J'ai une fois de plus mis le doigt là où le bât blesse car le fruit de mon analyse nécessite de remettre en cause un certain nombre de choses dans le fonctionnement et le train de vie de mes parents.
Re-aïe.
En fait, mes parents attendaient de moi ce que mes frères leur ont tout de suite concédé : de l'argent tous les mois pour une durée indéterminée.
Mais moi, je suis convaincue que cette option est tout sauf la bonne solution et j'ai essayé de faire passer le message et mon analyse pour les aider à trouver une solution pérenne à long terme.
Le tollé...

Depuis, je me suis mise toute la famille à dos.
On m'a qualifiée de radine et d'égoïste (un comble, je ne me suis jamais occupée de moi et j'ai toujours supporté les problèmes des autres et surtout de mes parents).
On m'a également bien confirmé que j'étais à part dans la famille, qu'on n'arrivait pas à me cerner. Comme si je ne le savais pas depuis le temps que je suis à part!!
La bonne blague.
Donc, même dans ma famille proche, on n'a rien compris de moi et çà fait quand même mal de le réaliser une fois de plus. J'avais encore l'illusion et l'espoir qu'on puisse a minima m'accepter, à défaut de me comprendre.
Ben non. Râté.
Ah, solitude...

Mais, malgré tout, je suis quand même contente de moi et d'avoir enfin pu exprimer mon opinion et être moi-même face à cette famille tordue. C'est peut-être çà finalement qui les a le plus déstabilisés, que je m'affirme.

Et depuis, même si c'est dur d'assumer d'être la méchante, je sais que je suis en phase avec moi-même pour cette évènement et çà me donne beaucoup de force et de confiance pour continuer sur ce chemin.

J'apprends les règles du jeu des relations avec les autres.
C'est une vacherie de travail mais le jeu en vaut la chandelle, car au final, je saurai qui je suis, comment me situer et m'affirmer et comment me protéger.

Et pour çà, je veux bien payer le prix de la solitude.




Par odessa - Publié dans : Ma vie - Communauté : Persona
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Mercredi 6 mai 2009 3 06 /05 /Mai /2009 21:00
Avez-vous déjà connu la communion intellectuelle avec quelqu'un?

Personnellement, j'ai longtemps attendu cette communion d'esprit, lorsque, enfant et ado, je cherchais à tout prix à me faire des amis ou tout du moins un ami, çà aurait déjà été un bon début, un seul ami mais un vrai. Mais je n'ai pas trouvé cette âme soeur à ce moment-là et çà me manquait. J'aurai tant aimé pouvoir partager toute ce bouillonnement intérieur avec quelqu'un avec qui tout semblerait évident mais çà n'est pas arrivé. En tout cas pas à cette époque-là.

J'ai eu la chance de connaître ce que j'appelle la communion intellectuelle plus tard quand j'ai commencé à travailler. J'ai rencontré 2 personnes, arrivées à peu près en même temps que moi dans la boîte et dans ma vie.

D'abord, M., avec qui j'ai eu un coup de foudre amical dès qu'on s'est parlé au cours du séminaire d'intégration des nouveaux arrivants de la boîte. Cà a semblé tellement évident entre nous, comme si on se connaissait depuis toujours. Pas besoin de longs discours, on était tout simplement en phase. Pourtant, nos personnalités sont très différentes, mais c'est sûrement ce qui fait la richesse de cette amitié. Car, avec M., j'ai enfin découvert et pu vivre ce que j'attendais depuis si longtemps : une transparence totale dans les rapports, une complicité de tous les jours même sans se parler, le sentiment d'être comprise sans être jugée, la possibilité de me dévoiler, d'échanger, de pouvoir m'appuyer sur quelqu'un et d'être importante pour elle. Un avis extérieur qui ne vous veut que du bien.
Cà fait 8 ans maintenant qu'on se connaît et c'est toujours aussi fort malgré les nombreux kilomètres qui nous séparent depuis quelques années.

Ma deuxième expérience de communion intellectuelle, c'est avec C. toujours dans la même boîte. Cà s'est mis en place progressivement, par un jeu de séduction purement platonique au départ (C. est un homme) qui a évolué vers une complicité amicale de tous les instants en quelques mois : même sens de l'humour décalé ironique pas toujours bien compris autour, même sens critique, même insoumission, même vivacité d'esprit. On pensait souvent la même chose au même moment dans certaines situations. Qu'est-ce qu'on a pu se marrer. A propos de choses qui ne faisaient rire que nous mais c'est ce qui pimentait encore plus notre amitié.
Cà a duré 3 ans puis C. a quitté la boîte, presqu'en même temps que M. d'ailleurs ce qui a provoqué un immense vide en moi. Depuis, nous nous parlons ou voyons toujours avec le même plaisir mais c'est rare et c'est bien dommage!

Je pense vraiment qu'avec mes deux âmes soeurs, nous avons en commun cette fameuse forme d'intelligence même si nous n'en avons jamais parlé ensemble. Avec en plus des passés difficiles voire très douloureux qui ont dû nous aimanter. On s'est reconnus. Avec eux, c'est un amour amical inconditionnel.
Ils font partie de moi.

Depuis ces miracles amicaux, je laisse toute porte ouverte à de nouvelles rencontres car je sais désormais que la communion intellectuelle que j'ai toujours cherchée est possible et qu'elle peut être aussi intense que je l'imaginais.

Rien que d'en parler, çà me donne la patate, c'est dire si c'est fort...






Par odessa - Publié dans : Métaphysique - Communauté : Persona
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Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 18:30
Le doute ayant une place très importante -beaucoup trop- dans ma vie, j'avais envie d'écrire un article sur lui.

Qu'est ce que le doute?
Le Larousse dit :
 État de quelqu'un qui ne sait que croire, qui hésite à prendre parti
 Manque de certitude, soupçon, méfiance quant à la sincérité de quelqu'un, la véracité d'un fait, la réalisation de quelque chose

En soi, le doute n'est donc pas une mauvaise chose, il peut protéger de quelqu'un ou de quelque chose, il sert à avancer, à faire des choix, à garder un esprit critique sur les choses, personnes ou évènements.
C'est un outil qui permet d'accéder progressivement à une sorte de vérité individuelle et personnelle, qui façonne la confiance et l'estime de soi.

Là où çà peut être plus gênant et devenir pathologique, c'est quand le doute occupe tout l'espace, qu'il ne laisse plus de place ou très peu à la vie, aux vérités ou certitudes qui font les fondations de la personnalité.

C'est le cas du TOC (Trouble obsessionnel compulsif), aussi parfois appelé maladie du doute, qui conduit l'individu à douter de manière obsessionnelle de certaines choses ou actes qu'il a réalisés (ai-je bien fermé la porte à clé par exemple) et à mettre en place des rituels et répétitions de vérifications pour essayer de contrôler ces doutes et l'angoisse qu'ils entraînent (vérification de la porte en appuyant 10 fois sur la poignée par exemple).
Je ne vais pas m'attarder sur le TOC que je connais pourtant très -trop- bien pour en souffrir depuis 15 ans.

Ce qui est plus intéressant depuis qu'on m'a confirmé mon HPI, c'est de découvrir que ce TOC n'est pas chez moi une pathologie isolée mais qu'il s'inscrit dans mon mode de fonctionnement de HPI comme le moyen que j'ai mis en place pour essayer de contrôler et maîtriser mes angoisses, mes peurs et, paradoxalement, mes doutes.
C'est aussi probablement un retournement contre moi-même de ma pensée et de mes capacités qui ont été largement sous-exploitées toute ma vie. Puisque cette pensée analytique puissante et rapide n'était pas utilisée ou très peu ni dans les études ni en dehors, elle s'est exprimée autrement, intérieurement, insidieusement contre moi.

C'est un soulagement inouï de savoir çà. Cà m'explique aussi pourquoi je n'ai jusqu'à maintenant pas réussi à m'en débarrasser malgré les médicaments et thérapies. Ma pensée est plus forte.
Et d'ailleurs, depuis que je sais çà, mon TOC va beaucoup mieux, comme par enchantement.

Au-delà du TOC, être un(e) douteur(se) pathologique signifie aussi remettre tout en question tout le temps y compris soi-même et y compris les certitudes qu'on croyait bien établies et inébranlables. Cà veut dire avoir une très grande perméabilité au regard d'autrui et être persuadée que les autres sont et font forcément mieux que soi. Et à force, on n'est plus sûr(e) de rien, on est perdu(e) et on n'est plus sûr(e) de soi. Et on doute encore plus, c'est un cercle vicieux qui s'installe.

Après reste dans mon cas à savoir faire la différence entre les doutes qui m'appartiennent, qui me concernent moi et mon idéologie de vie et ceux qui sont des doutes externes que j'ai récupérés d'un environnement familial anxiogène. C'est un travail de longue haleine que j'ai commencé depuis quelques semaines et qui commence à porter ses fruits, je le sens.
Je fais ce travail avec un psy qui s'intérèsse beaucoup aux surdoués et qui suit un certain nombre d'adultes dans ce cas. Du coup, pour avoir connu d'autres psy avant, je sens que le travail se fait enfin dans la bonne direction puisqu'il prend enfin en compte la composante essentielle de ma personnalité qui conditionne la plus grande partie de mes problèmes.
Et du coup, le psy m'aide à utiliser mon mode de fonctionnement comme un outil qui finalement me permet d'avancer assez vite dans ma démarche introspective.
Et çà va déjà beaucoup mieux! 

Maintenant que j'ai pris conscience de tout çà et quand je serai moins paralysée par mes doutes, l'idée sera d'apprendre à utiliser ma pensée à d'autres fins que contre-moi-même.
Cà veut dire utiliser enfin les qualités de mon mode de pensée à leur juste valeur par exemple pour étudier, analyser, comprendre, synthétiser, restituer, probablement en adaptant ou changeant de voie professionnelle.
J'y travaille dur mais je n'en suis encore qu'aux prémices et çà ne peut pas se faire en un jour.
Par contre la nouveauté, c'est que j'y crois.












Par odessa - Publié dans : Métaphysique - Communauté : Surdoués et hauts potentiels
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